En dehors du transport (en général hors du contrôle du personnel de laboratoire), il reste à citer quelques règles générales afin de préserver au mieux lintégralité dun échantillon.
Les procédures sont gouvernées par la stabilité des différents constituants de léchantillon. Les causes les plus importantes daltération de qualité dun échantillon sont les suivantes :
De plus :
Eviter de stocker du sang complet. Se renseigner concernant les analyses sensibles !
Eviter les effets de la glycolyse, afin de garder la concentration du glucose et du lactate stable (voir aussi Inhibiteurs glycolytiques).
Eviter leffet de la lumière. Les paramètres les plus touchés sont : Bilirubine, Vitamine C, Porphyrines, CK, Folates.
Réduire le plus possible le contact avec lair. Sinon, on observe une concentration des paramètres, due à une évaporation / sublimation.
Ne pas stocker de sang complet au réfrigérateur. Attention également aux urines, dans lesquelles les sels peuvent précipiter si elles sont réfrigérées.
Après décongélation, retourner léchantillon plusieurs fois ! (formation de gradient de concentration lors de la congélation).
Les échantillons de sérum ou de plasma sont quelques fois troubles à un degré variable dû à un contenu augmenté en lipoprotéines. On parle déchantillons troubles, translucides ou à aspect laiteux. Le degré de turbidité ne dépends pas seulement du contenu en triglycérides, mais surtout de la présence de lipoprotéines. Les échantillons troubles sont par conséquent appelés lipémiques.
Comme les échantillons normaux ne montrent pas de turbidité excepté après un repas gras, laspect lipémique dun échantillon est cliniquement significatif et doit être reporté par le laboratoire. Cela peut indiquer une hypertriglycémie due à une augmentation des chylomicrons, des lipoprotéines de très basse densité (VLDL) ou des deux.
Quoique le degré dhyperlipémie soit dimportance diagnostique, linterférence des lipoprotéines avec la détermination des lipides et dautres paramètres doit être regardée comme des facteurs dinterférence gênants qui doivent être évités le plus possible.
On peut citer les mécanismes suivants, conduisant à des résultats de laboratoire faussement élevés ou faussement bas :
Inhomogénéité : Les lipoprotéines riches en triglycérides ont tendance à flotter lors de la centrifugation et le stockage des échantillons de sérum ou de plasma. Si on ne mélange pas consciencieusement de tels échantillons, les triglycérides et dautres constituants peuvent être distribués de manière non homogène dans le récipient. On peut alors observer des concentrations en lipides trop élevées dans la partie supérieure de léchantillon et peut causer des interférences avec dautres dosages comme le dosage des protéines totales. Dun autre côté, les lipides peuvent déplacer de leau dans la phase supérieure dun échantillon, conduisant à une concentration apparente abaissée des composants solubles comme les électrolytes.
Déplacement deau : Ce phénomène est aussi responsable de laugmentation de la concentration des électrolytes observée lors de la mesure à laide délectrodes sélectives en méthode directe par rapport à la photométrie de flamme. On a vu lors de cas exceptionnels un déplacement deau jusquà 10 %.
Interférences dues au trouble : Les procédés photométriques sont sensibles à la turbidité à presque toutes les longueurs donde. Cela conduit à divers degré dabsorption.
Mécanismes physico-chimiques : Les lipoprotéines de léchantillon peuvent incorporer des constituants lipophiliques qui décroissent leur accessibilité aux anticorps. De même, lélectrophorèse et la chromatographie peuvent être gênées par les lipoprotéines.
La turbidité peut facilement être détectée par un il averti. Certains automates la détectent automatiquement en mesurant à certaines longueurs donde.
Si un test est connu pour avoir des interférences avec les échantillons lipémiques, on peut enlever les triglycérides par ultracentrifugation ou par précipitation et lanalyse recommencée avec léchantillon clarifié.
Il est primordial de sassurer que le procédé de clarification nintroduit pas dinterférence lui-même ! On peut dans ce cas envisager de changer de méthodologie. Une lecture bichromatique peut compenser la turbidité. Lanalyse dun blanc échantillon peut également être envisagée.
Le sang est constitué de cellules et de plasma. De nombreux constituants mesurés dans le plasma ont une concentration relativement haute dans les cellules. Par conséquent lhémolyse doit être évitée pour obtenir des résultats fiables.
On définit lhémolyse comme " le passage des constituants des cellules sanguines dans le plasma / sérum ". On la reconnaît dhabitude par la coloration plus ou moins rougeâtre du sérum ou du plasma après centrifugation causée par la présence de lhémoglobine libérée par les érythrocytes. Comme telle, linterférence peut apparaître même si la présence de lhémoglobine est invisible à lil nu.
Lhémolyse nest pas toujours accompagnée de libération dhémoglobine (par exemple si le sang est stocké à basse température sans congélation). Les substances interférentes peuvent aussi venir de la lyse des plaquettes ou des granulocytes !
Les effets de lhémolyse peuvent être classifiés comme suit :
Augmentation des constituants intracellulaires dans le liquide extracellulaire : Cette libération peut apparaître in vivo, durant le prélèvement et à chaque étape de la phase pré-analytique. Ainsi lhémolyse peut être une observation cliniquement importante ou définie comme un facteur dinfluence lorsquelle apparaît lors du prélèvement ou de la phase pré-analytique mais conduit toujours à laltération de léchantillon.

Figure 7 : Influence de l'hémolyse.
Interférence optique : Elle est due à la couleur propre de lhémoglobine qui peut changer pendant le stockage de léchantillon suite à la formation de lhémoglobine. La direction et limportance de linterférence ne dépendent pas seulement de la longueur donde mais aussi du type de blanc utilisé.
Interférence des constituants intracellulaires avec le mécanisme de la réaction danalyse. Dans ce cas, linterférence est dépendante de la méthode danalyse et nest pas due à la couleur propre du constituant. Par exemple, ladénylate kinase des érythrocytes interfère avec la plupart des méthodes standards de détermination de la CK. Nous verrons également les mécanismes dinterférence lors de la détermination de la bilirubine.
Lhémolyse grossière est facilement détectable par une inspection visuelle des échantillons avant lanalyse. Les hémolyses in vivo peuvent être distinguées des hémolyses in vitro par comparaison de divers échantillons du même patient, par analyse des marqueurs sensibles de lhémolyse in vivo comme lhaptoglobine et par des considérations cliniques. Il est important daviser le clinicien en cas de suspicion dhémolyse in vivo ! De même, une augmentation dun paramètre " sensible " doit être regardée comme survenant dune hémolyse in vitro jusquà ce quelle ait pu être exclue. Lhémoglobine libre, lactivité de la lactate déshydrogénase (LDH) et la concentration du potassium augmentent de manière parallèle dans ce cas.
Une fois lhémolyse reconnue, les résultats obtenus doivent être retenus (ou lanalyse ne doit pas être effectuée) si une interférence est suspectée. Si un nouvel échantillon nest pas disponible, le prescripteur doit recevoir des informations sur le degré possible dinterférence et éventuellement une proposition de correction du résultat. Lévaluation de la cause de lhémolyse peut être importante pour léviter.
Lhémolyse in vitro peut être évitée en standardisant la phase pré-analytique. Lutilisation daiguilles standards, de tubes fermés et de centrifuges calibrées sont dune grande aide pour diminuer lhémolyse. Lutilisation de plasma (voir Plasma ou sérum ?) minimise également lhémolyse, surtout en évitant la libération des constituants des plaquettes.
Il est important de maintenir une documentation concernant les effets de lhémolyse pour chaque test exécuté au laboratoire, avec des procédures claires sur le traitement de chaque échantillon. La responsabilité du laboratoire envers des résultats diagnostiquement fiables ne peut être remplie que par des mesures rigoureuses prises pour éviter de fausses interprétations dues à lhémolyse.
Dernière modification le 13-Jui-2002 par G.Vuille