La valeur de nombreux paramètres est liée au sexe, à lâge ou à la population à laquelle appartient le patient.
Lâge affecte la concentration de plusieurs constituants dans le sang et les urines. Un des exemples les plus caractéristiques est la valeur du nombre d'érythrocytes (et donc de lhémoglobine) chez le nouveau-né. Le nombre d'érythrocytes est plus élevé chez le nouveau-né que chez ladulte. Laugmentation de la concentration artérielle en oxygène les premiers jours de la vie provoque une dégradation des érythrocytes. Lhémoglobine libérée est métabolisée en bilirubine. La fonction hépatique nétant pas complète (en particulier la glucoronation) il y a accumulation de bilirubine.

Figure : Variation de la bilirubine et de l'hémoglobine
Comme autre exemple caractéristique, citons la phosphatase alcaline plasmatique, dont la valeur montre un pic caractéristique aux alentours de 12 ou 15 ans (activité ostéoblastique maximale).
De même que de nombreux paramètres macroscopiques ou hormonaux, le sexe induit des variations dans la concentration de plusieurs constituants. Ainsi la créatinine et la créatine kinase, parmi les plus importants, dépendent de la masse musculaire qui est en général plus importante chez les hommes. Certaines activités sportives peuvent effacer cette différence. Pour le fer plasmatique, la différence disparaît chez les personnes âgées, montrant ainsi la relation avec les cycles menstruels.
Contrairement à ce que nous dit le " bon sens " (le même qui nous dit que le soleil tourne autour de la terre ), la notion de race na pas de signification biologique. Les différences que daucun perçoivent comme essentielles (couleur de la peau, forme des cheveux, ) sont négligeables en regard des différences biologiques entre individus. Cest-à-dire que la variation génétique entre individus dune même population est beaucoup plus grande quentre groupes différents ! Plus que toute autre espèce animale, lespèce humaine est un continuum, un ensemble au sein duquel les seules frontières véritables sont de nature culturelles.
Les données génétiques les plus anciennes sont celles concernant les groupes sanguins ABO. La répartition des groupes sanguins apporte la preuve aujourdhui de zones géographiques à variation continue (appelées clines) séparées par des zones à variation brusque (appelées gradients). Les populations humaines contiennent principalement des représentants du groupe O et une certaine quantité, variant graduellement, de sujets A et B.
Curieusement, les savants de lépoque ont eu une autre interprétation : ils ont divisé le monde en européens, intermédiaires et asio-africains. Ou encore : les blancs et les autres. Ils conclurent à une race ancestrale pure O en Europe, envahie par une race A venue de lest et une race B venue du sud !
Quil existe des différences de concentration de certains paramètres en fonction des populations est une évidence scientifique. Jusquà présent nous ne pouvons pas montrer que cette différence est génétique. Il est donc plus juste de parler de différences de population, cest-à-dire des facteurs dus à lenvironnement et à la culture.
La grossesse induit de profonds changements physiologiques et plusieurs mécanismes modifient non seulement les concentrations hormonales, mais aussi la concentration de métabolites, dions, denzymes, de lipides et de protéines (en particulier les protéines de la phase aiguë). La vitesse de sédimentation est par exemple augmentée dun facteur 5 !
Pour la plupart des paramètres, il est nécessaire de tenir compte de la semaine de grossesse pour interpréter correctement un résultat.
L'interprétation correcte d'un résultat doit tenir compte de plusieurs paramètres. Les influences dites "à long terme" sont en général inclues dans les valeurs normales ou de référence données avec chaque résultat de laboratoire.
Ils ne dépendent pas du personnel impliqué dans la chaîne de prélèvement d'un échantillon ; par contre, les données du patient (sexe, date de naissance, etc.) doivent être renseignées correctement !
Dernière modification le 13-Jui-2002 par G.Vuille