Préanalytique

Prélèvements

Minimiser les facteurs d'influence

Les effets biologiques inhérents à chaque individu (âge, sexe, population) sont des effets à long terme et sont inclus dans les valeurs de référence accompagnant un résultat.

Pour les autres effets, souvent à court terme, on peut tenir compte des règles suivantes :

INDIQUER L’HEURE DE PRELEVEMENT.

Mais aussi :

Prélèvement

Les effets pré-analytiques que nous avons vus précédemment concernent avant tout le patient, sans mettre en cause directement le personnel médical. A partir du prélèvement, le personnel médical est par contre directement impliqué !

Position

Il est bien connu que la position (debout / couché) influence la concentration de plusieurs constituants. Voyons les principaux mécanismes qui sont responsables de ces changements. Le plus important est la pression effective de filtration, qui augmente aux extrémités basses (membres). Ce changement induit un transfert d’eau entre le compartiment intracellulaire et le compartiment vasculaire, réduisant le volume plasmatique d’environ 12 %. Les grosses molécules ne passant pas la barrière capillaire (> 4 nm), on observe une concentration de ces molécules ainsi que des petites molécules liées. Les autres changements sont principalement liés au changement de la pression sanguine qui modifie la concentration des composés vasoactifs.

Pour montrer l’effet de la position, on peut prendre l’exemple du calcium, qui existe sous deux formes, libre et liée. La concentration du calcium ionisé (libre) est indépendante de la posture, alors que le calcium total augmente en position debout (5 – 10 %)

Garrot

Le garrot est un artifice utilisé pour faciliter la ponction veineuse. Que se passe-t-il si le garrot reste serré pendant le prélèvement ? La pression dans les veines augmente et un mécanisme semblable à celui observé pour le changement de position apparaît : il y a mouvement d’eau du compartiment sanguin au compartiment interstitiel, entraînant les petites molécules. On observe alors une concentration des grosses molécules et un changement faible des petites.

On remarque que la concentration des petites molécules change de moins de 3 %, ce qui est non significatif du point de vue clinique (à part sodium et potassium).

Figure 6 : Effets d'un garrot

ATTENTION ! La contraction des muscles de l’avant-bras augmente la concentration du potassium ! Par conséquent : PAS D’EXERCICE MUSCULAIRE ! (par exemple " pompage ")

Conclusion

Plasma ou sérum ?

Le sérum est obtenu à partir de sang complet après avoir laissé se faire le processus de coagulation. Il faut donc considérer le sérum comme un artefact. Il ne contient plus par définition les facteurs de coagulation, mais est enrichi par les composants cellulaires des plaquettes et de produits de métabolisation.

Le plasma est le surnageant pratiquement sans cellules obtenu après centrifugation de sang complet, dont la coagulabilité a été inhibée par adjonction d’un anticoagulant juste après le prélèvement.

Pour certains paramètres, il existe une différence significative entre les deux matériaux. Différentes raisons sont à l’origine de ces différences :

La substance en cause peut être consommée pendant le processus de coagulation (fibrinogène, plaquettes, glucose).

La substance peut être libérée des cellules lors du processus de coagulation (potassium, lactate déshydrogénase, phosphates, ammonium, lactate).

L’anticoagulant peut interférer avec la méthode d’analyse ou peut contaminer l’échantillon (gamma-GT, lithium si on utilise un photomètre à flamme calibré au lithium).

Le fibrinogène peut interférer avec certaines méthodes (certains immuno-essais hétérogènes).

Avantages du plasma

Economie de temps : Il n’est pas nécessaire d’attendre la coagulation. Le temps de centrifugation peut être réduit par augmentation de la vitesse.

Rendement élevé : On obtient environ 15 à 20 % de plasma que de sérum pour la même quantité de sang complet.

Absence de coagulation subséquente. Il peut arriver qu’une coagulation post-centrifugation aie lieu dans le sérum.

Résultats plus représentatifs : Le plasma représente en effet mieux l’état in-vivo que le sérum.

. Pour des patients en bonne santé, la concentration de l’hémoglobine libre est environ dix fois plus élevée dans du sérum que dans du plasma. Dans le plasma, les thrombocytes restent intacts et par conséquent on n’observe pas de pseudohyperkaliémie comme dans le sérum.

Désavantages du plasma

L’électrophorèse des protéines est altérée. Le fibrinogène apparaît dans la région des gammaglobulines et peut simuler ou altérer une protéine monoclonale.

Interférences méthodologiques. Chaque anticoagulant peut (en tant qu’agent complexant et d’inhibiteur enzymatique potentiel) conduire à une interférence dépendant de la méthode d’analyse.

Interférences des cations. Lorsqu’on utilise les héparinates, le cation utilisé doit être identifié (Lithium, Ammonium, éventuellement Sodium).

Anticoagulants

Héparine

L’héparine accélère l’inhibition du facteur Xa par l’antithrombine III, et de ce fait empêche la coagulation.

Les sels d’héparine sont très utilisés pour l’obtention de plasma en chimie clinique. Tenir compte du sel utilisé lors de l’analyse !

Sel de lithium : attention au dosage du lithium (antidépresseur) !

Sel d’ammonium : attention au dosage de l’ammonium (impossible) et éventuellement de l’urée (dosage de l’ammonium dégagé par hydrolyse enzymatique de l’urée).

Sel de sodium : attention au dosage du sodium !

EDTA

Complexe le calcium nécessaire à la coagulation.

Utilisé pour l’hématologie, l’EDTA, par ses propriétés complexantes ne va pas pour beaucoup de paramètres de chimie clinique. Toujours se renseigner avant de l’utiliser en chimie…

Citrate

Egalement bon ligand du calcium, le citrate est utilisé pour obtenir du plasma en vue d’examens de coagulation (rapport sang/coagulant 1/10) ou pour la mesure de la vitesse de sédimentation (rapport 1/5).

Inhibiteurs glycolytiques

Même en dehors du corps, les cellules continuent à dépenser de l’énergie pour se maintenir en vie. Elles consomment alors le glucose contenu dans le plasma, dont la concentration baisse. Afin de prévenir au maximum cette baisse, il est nécessaire d’empêcher sa dégradation par les cellules.

Le fluorure (inhibition de l’énolase) ou l’iodoacétate (inhibition de la glycéraldéhyde-3-phosphate déshydrogénase) peuvent être utilisés conjointement à un anticoagulant pour les paramètres comme le glucose ou le lactate.

Anticoagulant Application Couleur
Aucun. Donne du sérum Chimie clinique, sérologie ROUGE
Héparinates (14,3 U/ml) Chimie plasmatique VERT (NH4+)
EDTA (di-K ou tri-K) 1,5 mg/ml Hématologie LILAS
Citrate de sodium (0,105 mol/l) Coagulation (1/10) VS (1/5) BLEU NOIR
Fluorure de sodium (2,5 mg/ml) / oxalate de potassium (2,0 mg/ml) Glucose, Lactate GRIS

Tableau 2 : Anticoagulants courants

Dernière modification le 13-Jui-2002 par G.Vuille